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Le souhait de se réorienter est également expliqué par des difficultés d’insertion, qui peuvent inciter les jeunes à revoir leur projet professionnel et à investir du temps pour en changer.
Ainsi, les jeunes éloigné·es du marché du travail s’engagent plus fréquemment dans des démarches de réorientation professionnelle : celles et ceux confronté·es à une trajectoire de chômage persistant ou récurrent ou à une sortie de l’emploi vers le chômage sont respectivement 31 % et 34 % à entreprendre ces démarches, contre 24 % pour l’ensemble des jeunes (voir supplément numérique). Cette tendance est encore plus marquée chez les diplômé·es du supérieur ayant connu une trajectoire de chômage, avec une part de réorientation déclarée atteignant 40 %. Cependant, pour les jeunes en emploi en 2020, le type de contrat de travail, à durée indéterminée ou plus précaire, n’influence pas la décision de s’engager dans des démarches de réorientation.
La probabilité de réorientation est influencée par les trajectoires professionnelles et le diplôme, mais aussi par des facteurs tels que l’état de santé, la situation familiale, l’origine sociale qui, toutes choses observées égales par ailleurs, jouent également un rôle important.
Par exemple, le fait de déclarer un problème de santé durable ou un handicap augmente la probabilité de s’impliquer dans un projet de réorientation, en réponse à des contraintes spécifiques ou des obstacles rencontrés sur le marché du travail. Ainsi, toutes choses égales observées par ailleurs, les personnes confrontées à ce type de problème se réorientent 1,5 fois plus que les autres. Cet effet est encore plus marqué chez les diplômé·es du supérieur.
D’autres facteurs, à l’inverse, constituent un frein à la réorientation : les jeunes issu·es d’un ménage à dominante ouvrière sont ainsi moins enclin·es à engager des démarches que celles et ceux dont les deux parents sont cadres. Un soutien social et économique favoriserait la mise en œuvre de démarches de réorientation, possiblement coûteuses. De même, vivre chez ses parents trois ans après la sortie des études, marqueur de difficultés non mesurées dans l’enquête (absence d’autonomie financière par exemple), diminue la probabilité de se réorienter, et ce d’autant plus pour les jeunes connaissant des trajectoires marquées par le chômage. Par ailleurs, la présence d’un enfant à charge diminue la probabilité de réorientation professionnelle, les responsabilités familiales pouvant contrarier l’organisation d’un projet de reconversion.

