Lien source de cet article.
Auteur :
Le 8 juillet 2026, Les Acteurs de la Compétence ont été reçus par Sabrina Roubache, ministre chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, afin d’échanger sur la situation de la formation professionnelle et, plus largement, sur les politiques publiques de développement des compétences.
Nous tenons à saluer la qualité de cette rencontre. Nous avons été entendus. La ministre a pris le temps d’écouter les inquiétudes et difficultés économiques de notre secteur, de comprendre les réalités de terrain et de mesurer les conséquences des décisions budgétaires engagées. Nous avons pris le temps de lui présenter en avant-première les résultats de notre enquête de conjoncture.
Nous avons également entendu sa détermination à défendre l’apprentissage. Nous partageons sa conviction profonde qu’une nation forte est avant tout une nation qui investit dans les compétences de ses citoyens, qui forme sa jeunesse, accompagne les salariés tout au long de leur vie et prépare les transitions économiques, technologiques et écologiques. La politique en faveur de la jeunesse s’appuie en particulier sur ce dispositif qui a fait ses preuves.
Nous avons retrouvé chez la ministre une vision qui rejoint la nôtre : il ne peut y avoir de souveraineté économique, de réindustrialisation, de compétitivité ou de cohésion sociale sans une politique ambitieuse de développement des compétences. L’apprentissage, le CPF, la formation des salariés, la formation des demandeurs d’emploi et l’ensemble des dispositifs de qualification ne sont pas des dépenses de fonctionnement. Ils constituent un investissement stratégique pour l’avenir du pays. Notre filière de la compétence doit devenir un symbole de souveraineté nationale.
Pour autant, nous avons rappelé avec franchise une réalité : le mal est déjà fait.
Les réductions budgétaires décidées ces derniers mois produiront leurs effets. Des centaines de milliers de parcours de formation ne verront pas le jour. Des entreprises auront davantage de difficultés à recruter. Des jeunes perdront des opportunités. Des salariés renonceront à développer leurs compétences. Ces économies sont désormais réalisées ; elles ne sont plus à faire. Qu’en sera-t-il en 2027 ? La détermination de son ministère est essentielle dans les futures échanges avec Bercy. Nous saurons jouer notre rôle en tant que de besoin.
L’enjeu est donc désormais de reconstruire. Les Acteurs de la Compétence seront force de proposition pour bâtir une politique stable, lisible et ambitieuse des compétences. Notre pays a besoin de visibilité. Les organismes de formation, les CFA, les entreprises, les branches professionnelles et les Régions ont besoin de confiance pour investir durablement.
Nous poursuivrons ce dialogue avec esprit de responsabilité. Lorsque les décisions vont dans le bon sens, nous savons les reconnaître. Lorsqu’elles fragilisent durablement notre capacité collective à former les compétences dont la France aura besoin demain, nous continuerons à le dire avec la même liberté.
Former n’est pas une dépense. Former est l’une des conditions de la prospérité, de la compétitivité et de la souveraineté de notre pays.


