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peut-on encore en vivre en 2026 ?

peut-on encore en vivre en 2026 ?

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Bonjour,

Je m’appelle Quentin Declercq, fondateur de Superformateur.

Chaque jeudi à 12h, une expérimentation tirée de mes propres formations : ce que j’ai testé, ce qui a fonctionné (ou pas), et une analyse concrète pour l’appliquer chez vous.

Découvre mes publications sur Linkedin et la chaine Youtube de Superformateur.

Il existera encore des débouchés pour les formateurs indépendants en 2027.

Malgré les difficultés d’une partie du secteur, des formations continuent d’être financées et des organismes recherchent des intervenants externes, en IA comme dans d’autres spécialités. Rien ne garantit une activité rentable pour chacun, mais ces signaux suffisent à ne pas condamner tout le métier.

En bref

  • Le marché de la formation se recompose plus qu’il ne s’effondre.

  • Trois fragilités à surveiller : le financement, les tarifs et la dépendance à la sous-traitance des formateurs indépendants.

  • La piste : relier sa spécialité aux projets que les clients financent déjà.

6,2 milliards d’euros
versés par les entreprises aux organismes de formation pour former leurs salariés en 2024 (+1 %), selon les données provisoires de la Dares, publiées dans le Jaune budgétaire 2026.

Depuis, les signaux divergent :

  • Dans une enquête du Synofdes publiée en septembre 2026, près de la moitié des 79 organismes répondants déclarent une activité en forte baisse ;

  • AKTO, l’opérateur de compétences des services, a formé davantage de salariés en 2025.

Les difficultés sont réelles, mais elles ne touchent pas tous les acteurs ni tous les marchés de la même façon.

Un marché qui tient globalement ne garantit pas que chaque indépendant en vive. Ton revenu dépend de trois facteurs que tu maîtrises mal : le budget de tes clients, le prix réel de ta journée et la façon dont tes missions arrivent jusqu’à toi.

Le FNE-Formation n’a pas été reconduit en 2026, comme l’indiquent les documents parlementaires sur le budget 2026. Ce dispositif de l’État aidait à financer la formation des salariés d’entreprises en difficulté ou en transformation. Sans lui, une partie des projets n’a plus personne pour les payer.

Quand un client te dit “On formera si c’est pris en charge”, le besoin existe bien, mais ta vente dépend d’un financement que ni toi ni lui ne maîtrisez. Pour toi, cela veut dire des devis qui restent sans réponse et des sessions repoussées d’un trimestre à l’autre.

Bon à savoir : Qualiopi n’est pas obligatoire pour une formation que l’entreprise paie directement sur ses fonds propres. Elle l’est pour accéder aux financements publics ou mutualisés, comme le précise le ministère du Travail. Les clients qui paient eux-mêmes te rendent donc moins dépendant des choix budgétaires de l’État.

Une journée d’animation doit aussi payer tout le travail que la facture ne montre pas : la préparation, la prospection, le suivi et la gestion. Par exemple, si chaque journée d’animation te demande une journée de préparation et une demi-journée de prospection et de gestion, tu travailles deux jours et demi pour une seule journée facturée.

Si ton tarif ne paie que le temps passé devant le groupe, chaque nouvelle mission ajoute du travail non payé, et un agenda plein peut cacher une rémunération insuffisante.

Selon la Dares, 78 % des organismes individuels ont travaillé pour un autre organisme de formation en 2024. La sous-traitance remplit l’agenda sans que tu aies à prospecter, et c’est ce qui la rend confortable.

En échange, c’est l’organisme qui fixe le prix de ta journée et qui garde la relation avec le client final. S’il reçoit moins de commandes ou change d’intervenant, ton chiffre d’affaires baisse avec lui, et tu n’as aucun client direct vers qui te tourner.

Ces trois fragilités viennent en grande partie du marché. La suivante dépend davantage de toi.

L’IA produit déjà des explications, des supports et des exercices, ce qui fragilise les prestations centrées sur la seule transmission d’informations.

Dans une enquête de l’OCDE publiée en 2025 auprès de plus de 5 000 PME de sept pays (hors France), 14 % des utilisatrices d’IA générative déclarent avoir réduit leur recours à des prestataires externes, toutes prestations confondues.

L’IA crée aussi de la demande, puisque des organismes recherchent aujourd’hui des indépendants pour accompagner ses usages en entreprise.

L’IA menace-t-elle le métier de formateur indépendant ?

J’ai répondu à cette question lors de ma dernière intervention dans la 3ème édition des Learning Days.

  1. Dans les services, des salariés continuent à être formés en nombre croissant. Dans son bilan publié en juin 2026, AKTO annonce 582 000 salariés formés en 2025, soit 20 000 de plus qu’en 2024, malgré les contraintes budgétaires.

  2. Les formations collectives trouvent aussi leur public.

    Le même bilan fait état de plus de 68 000 salariés en formation collective en 2025, en hausse de 9 %. Pour un indépendant, la piste consiste à se rapprocher des organismes retenus sur ces catalogues.

  3. L’IA suscite des recherches explicites de formateurs indépendants.

    ORSYS publie une offre destinée à des formateurs indépendants en intelligence artificielle et attend d’eux une expertise opérationnelle sur les métiers concernés.

  4. Les opportunités ne se limitent pas à l’IA.

    Cegos recherche aussi des formateurs freelances en comptabilité et en droit des sociétés, capables de transmettre leur expertise métier par des cas pratiques et des mises en situation.

Ces bilans et ces annonces apportent ce que les projections ne donnent pas : des signes d’activité réelle et des portes d’entrée pour les indépendants.

Il serait imprudent de promettre une reprise générale en 2027. Les arbitrages budgétaires restent incertains, et les organismes qui déclarent une forte baisse d’activité ne retrouveront pas leurs commandes du jour au lendemain.

Certaines tendances donnent pourtant des raisons de rester confiant. Dans son baromètre international 2026, Cegos relève que 68 % des DRH placent l’IA et l’automatisation en tête des transformations qui affecteront les compétences. Les recherches de formateurs en IA montrent que ces changements se traduisent déjà en missions, et ils ne se régleront pas en une année.

Mon hypothèse pour 2027 : la demande devrait se recomposer plutôt que repartir partout au même rythme. Les formations jugées secondaires risquent de rester reportées, tandis que celles qui accompagnent une transformation prioritaire continueront d’être financées.

Un formateur indépendant doit donc se demandait si son offre fait partie des projets que ses clients jugent prioritaires.

Pour que ton offre fasse partie des projets prioritaires de tes clients, il faut la rattacher à ce qu’ils ont déjà décidé de faire. Il faut aussi organiser ton activité pour que les fragilités décrites plus haut pèsent moins sur ton revenu.

Relis tes derniers échanges avec tes clients et note les changements qu’ils évoquent : un nouvel outil, une réorganisation, une nouvelle réglementation ou une vague de recrutements. Chacun de ces changements peut devenir une porte d’entrée pour ta spécialité :

  • Management : accompagner des responsables qui réorganisent leur équipe.

  • IA : aider un service à utiliser ses outils sur ses propres tâches.

  • Commercial : préparer une équipe de vente à présenter une nouvelle offre à ses clients.

Dans ta proposition, décris d’abord la situation de ton client, puis ton programme. Un client qui se reconnaît dans les premières lignes lit la suite comme une réponse à son problème, pas comme un catalogue.

Pendant un mois, note le temps réellement passé sur chaque mission, préparation, échanges et facturation compris. Divise ensuite ce que tu as facturé par le nombre de jours travaillés. Le résultat est ton vrai tarif journalier, et c’est sur lui que tu dois raisonner pour fixer tes prix.

Reprends ton chiffre d’affaires des douze derniers mois et calcule la part de chaque client ou organisme donneur d’ordres. Si un seul pèse plus de la moitié de ton activité, la perte de ce client te mettrait en difficulté. Diversifier tes clients devient alors ta priorité, avant même de chercher à remplir ton agenda.

Je garderais la sous-traitance, mais je réserverais une demi-journée par semaine à développer des clients en direct, même avec un agenda plein. C’est quand les missions arrivent seules qu’on oublie de préparer la suite.

Je proposerais à mes clients actuels un format court, d’une demi-journée ou d’une journée, payé sur leurs fonds propres et rattaché à un projet qu’ils mènent déjà. Une petite commande sans dossier de financement se décide plus vite qu’un parcours de trois jours qui attend une prise en charge.

Enfin, j’utiliserais l’IA dans ma propre spécialité avant de l’enseigner, par exemple pour préparer un support ou analyser un cas. Même sans devenir formateur en IA, tu pourras répondre quand un client te demandera ce qu’elle change dans ton domaine.

Tu n’as pas besoin d’abandonner ton expertise : cherche plutôt où elle devient utile dans les projets actuels de tes clients.

Oui, mais pas de la même façon pour tout le monde. On peut encore vivre de la formation en tant qu’indépendant : des entreprises continuent de payer des formations, certains dispositifs progressent et des organismes recherchent des intervenants externes.

Les difficultés sont pourtant bien réelles. Une partie des financements a disparu, près de la moitié des organismes interrogés par le Synofdes voient leur activité fortement baisser, et ceux qui travaillent surtout en sous-traitance ne fixent pas leur prix. Un indépendant qui attend que le marché reparte comme avant risque d’attendre longtemps.

En 2027, les formateurs qui s’en sortiront le mieux seront probablement ceux qui connaissent leur vrai valeur, ne dépendent pas d’un seul client et proposent une offre liée à un projet que leurs clients ont déjà décidé de mener.

Y croire, en 2027, veut surtout dire ajuster dès maintenant ton offre, ton tarif et la façon dont tu trouves tes clients.

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