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Auteur : Laurent Riquelme
Lâarticle L. 6233-1 du code du travail prĂ©voit que les enseignements dispensĂ©s par le CFA peuvent ĂȘtre dispensĂ©s dans un Ă©tablissement dâenseignement au sein dâune UnitĂ© de Formation par Apprentissage (UFA).
Cette UFA est créée dans le cadre dâune convention entre cet Ă©tablissement et le CFA. Dans ce cas, selon un vocabulaire assez ancien, le CFA est rĂ©putĂ© ĂȘtre un « CFA Hors Murs » (pour ceux qui ne connaissent pas cette expression, je tiens Ă prĂ©ciser que ce nâest pas une blagueâŠ, et que cette expression dĂ©signe bien un CFA qui nâaccueille pas les apprentis qui sont inscrits chez lui)


Dans ce cas de figure, lâĂ©tablissement dâenseignement est un sous-traitant et il a la responsabilitĂ© pĂ©dagogique des formations dispensĂ©es par son UFA.
Quid du statut des enseignants qui dispensent les enseignements Ă lâĂ©gard des apprentis au sein de lâUFA ?
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Il peut sâagir dâenseignants salariĂ©s, en CDI ou en CDD.
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Il peut aussi sâagir dâenseignants prestataires de services (sous-traitants), immatriculĂ©s sous forme dâentreprise individuelle, ou constituĂ©s sous forme dâEURL ou de SASU le cas Ă©chĂ©ant.
Pour ces derniers, il nây a point dâobligation de dĂ©claration dâactivitĂ© en application du code du travail, puisque lâĂ©tablissement gestionnaire de lâUFA nâest pas un organisme de formation.
En effet, lâĂ©tablissement gestionnaire de lâUFA est un établissement dâenseignement rĂ©gi par les dispositions du code de lâĂ©ducation, immatriculĂ© auprĂšs du Rectorat.


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1°) sâil s’agit dâun CFA classique dit « dans les murs » (qui accueille les apprentis en son sein), il doit sâassurer que tous les formateurs prestataires de services sont titulaires dâun NDA (pour se conformer Ă la fameuse exigence administrative portant sur le NDA des formateurs sous-traitants)
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2°) sâil sâagit dâun CFA « hors murs » (qui confie la rĂ©alisation des enseignements Ă une UFA constituĂ©e dans un Ă©tablissement dâenseignement), il nâa aucunement vocation Ă sâassurer que les formateurs prestataires de services sont titulaires dâun NDA, puisque ces derniers sont liĂ©s Ă lâĂ©tablissement dâenseignement gestionnaire de lâUFA qui ne relĂšve pas du code du travail.
Dans les deux cas, il y a bien un formateur en face dâun groupe dâapprentis, avec des financements OPCO, mais ce nâest pas le mĂȘme rĂ©gime juridique qui sâapplique.


La distorsion entre les deux rĂ©gimes est importante : dans le cas n° 1, le CFA risque les pires sanctions en cas de contrĂŽle si les formateurs prestataires de services (sous-traitant) nâont pas de NDA, alors que, dans le cas n° 2, le CFA nâencourra aucune sanction.
Pire encore, lorsque lâĂ©tablissement dâenseignement qui gĂšre une UFA recourt Ă des enseignants prestataires de services, ce dernier met en place une sous-traitance en cascade, dans la mesure oĂč ledit Ă©tablissement est lui-mĂȘme un sous-traitant du CFA « Hors Murs » et quâil recourt Ă des enseignants qui sont en sous-traitance.


Le raisonnement ne sâarrĂȘte pas lĂ , car le fait que lâĂ©tablissement dâenseignement gestionnaire de lâUFA ne relĂšve pas du code du travail, mais du code de lâĂ©ducation, suppose que ce dernier ne relĂšve pas du contrĂŽle administratif et financier de lâEtat (contrĂŽle DR[I]EETS), alors quâil perçoit, par ricochet, une part majoritaire des financements des OPCO au titre des formations par apprentissage.


Dans le cas n° 1 prĂ©citĂ© (CFA classique « dans les murs »), les dĂ©penses exposĂ©es par le CFA vont ĂȘtre examinĂ©es Ă la loupe dans le cadre dâun contrĂŽle administratif et financier exercĂ© par la DR[I]EETS, au motif quâil faut vĂ©rifier lâutilisation des fonds versĂ©s par les OPCO conformĂ©ment Ă leur objet, alors que, dans le cas n° 2 (CFA « Hors Murs »), lâĂ©tablissement gestionnaire de lâUFA ne fera lâobjet dâaucune vĂ©rification de ses dĂ©penses sur ce registre (alors mĂȘme quâil perçoit, in fine, la majoritĂ© des montants versĂ©s par les OPCO en qualitĂ© de sous-traitant).


Sâil nâest pas possible dans un CFA dâacheter des bracelets lumineux et des petits-fours avec les fonds des OPCO pour la soirĂ©e de remise des diplĂŽmes, il est possible de sâen doter sans complexes quand ceux-ci sont payĂ©s par lâUFA.

Evidemment, câest encore plus drĂŽle quand le CFA et lâUFA appartiennent Ă un mĂȘme groupe de sociĂ©tĂ©s commerciales.
Vive la fĂȘte et vive la France !


