Coconstruire le compte personnel de formation avec l’employeur, comment ça marche ?

Coconstruire le compte personnel de formation avec l'employeur, comment ça marche ?

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Prenons l’exemple de Martine. Elle est salariée dans une entreprise et souhaite se former à l’intelligence artificielle. Elle a identifié des formations intéressantes sur l’application Mon Compte formation, des formations certifiantes ou qualifiantes, qui lui permettront d’obtenir un titre professionnel, d’ajouter une ligne à son CV et peut-être d’évoluer en interne.

Problème : le coût de la formation dépasse la somme dont elle dispose sur son CPF. Si Martine n’a pas les moyens de payer la différence, elle peut aller voir son employeur, et lui expliquer que ces futures compétences en IA seront très utiles à l’entreprise. Si l’employeur accepte – il en a le droit depuis 2020 –, il peut cofinancer cette formation en versant une dotation directement sur le CPF.

Une démarche dans l’intérêt des deux parties

L’entreprise peut aussi être à l’initiative du cofinancement. Un employeur (ou le référent Ressources humaines) peut solliciter Martine individuellement (ou un groupe de salariés) pour lui proposer une formation, via le compte personnel de formation, cofinancée par l’entreprise. C’est dans l’intérêt des deux parties.

Voilà pour la théorie. Sauf qu’en pratique, la mayonnaise n’a pas pris dans les entreprises. Entre 2020 et 2023, 29.000 salariés seulement ont bénéficié de dotations volontaires, pour un montant total de 62 millions d’euros, selon la Caisse des dépôts qui gère le CPF.

C’est un montant ridicule comparé aux 9 milliards d’euros mobilisés par les actifs pour se former sur cette période. Une étude du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) révèle en outre que ces dotations ont principalement été actionnées par de grandes entreprises. Elles ont donc d’avantage profité aux cadres.

Méconnaissance du dispositif

Quand les entreprises cofinancent des formations CPF, leurs motivations sont très disparates. Certaines s’en saisissent pour des formations longues et coûteuses qu’elles n’auraient pas les moyens de financer seules. D’autres pour répondre à des besoins ponctuels et fidéliser des profils plus qualifiés. Seule une minorité d’entreprises a une stratégie très structurée et ouvre le cofinancement à tous les salariés.

Mais, si peu d’entreprises se sont saisies du cofinancement, c’est avant tout par méconnaissance. 71% déclarent connaître mal ou pas du tout le dispositif (dont une forte proportion dans les très petites entreprises). Enfin, selon l’étude du Céreq, certains salariés préfèrent utiliser leur CPF en solo, sans que l’employeur ait son mot à dire.

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