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La nouvelle charte de déontologie des salons prévoient :
- une information fiable, objective et vérifiable, clarification du statut des formations, transparence sur les frais et les résultats, neutralité des conférences ou encore encadrement des pratiques de recrutement
- la transparence de l’information et sur la responsabilité de l’exposant
- l’interdiction de demander le versement d’une somme d’argent destinée à valider une inscription pendant le salon
Signée le 15 septembre 2026, la nouvelle charte nationale de déontologie des salons d’orientation entend renforcer la transparence de l’information délivrée aux jeunes et à leurs familles. Mais comment ces principes vont-ils se traduire concrètement sur les salons ? Avec quels contrôles et quelles conséquences pour les établissements exposants ?
Sébastien Mercier, directeur général de L’Étudiant, détaille pour Digiformag les premières modalités de mise en œuvre.

Le texte fixe un socle commun : information fiable, objective et vérifiable, clarification du statut des formations, transparence sur les frais et les résultats, neutralité des conférences ou encore encadrement des pratiques de recrutement. Une démarche que L’Étudiant a publiquement présentée comme cohérente avec les règles qu’il appliquait déjà sur ses propres événements.
Dès lors, une question se pose : si les grands organisateurs partageaient déjà ces principes, que va réellement changer la charte ?
Pour Sébastien Mercier, directeur général de L’Étudiant, son premier apport est de fixer un niveau d’exigence commun à tous les acteurs. Mais son application va aussi entraîner des changements très concrets, notamment dans la manière dont les établissements présenteront leur offre de formation.
La première évolution devrait être visible avant même l’entrée dans le salon.
Que ce soit dans les sites permettant aux visiteurs de préparer leur venue et d’identifier les établissements présents, ou dans les fiches exposants distribuées à l’entrée des salons ou sur les stands, ces outils vont évoluer afin d’intégrer les informations prévues par la charte.
Pour l’Etudiant, de nouveaux critères de recherche sur les sites dédiés à chaque salon doivent notamment permettre de filtrer les établissements en fonction de leur statut, en reprenant les catégories utilisées par Parcoursup.
L’enjeu est de rendre plus lisibles des distinctions qui restent difficiles à appréhender pour de nombreuses familles : diplôme national, grade universitaire, titre enregistré au RNCP, certification professionnelle, formation présente ou non sur Parcoursup…
Sur ce point, L’Étudiant entend reprendre les qualifications juridiques existantes tout en jouant un rôle pédagogique, notamment en explicitant les différents sigles et statuts.
Transparence ne signifie pas contrôle systématique
Attention, la charte ne transforme pas les organisateurs de salons en organismes de contrôle des établissements. Bien qu’elle exige que les informations communiquées par les exposants soient « fiables, objectives et vérifiables », l’organisateur ne jouera pas le rôle de gendarme.
Sébastien Mercier nous précise qu’il n’entend pas, par exemple, auditer lui-même la méthodologie utilisée derrière chaque taux d’insertion affiché par une école ou vérifier systématiquement l’ensemble des informations communiquées. Ce n’est pas le rôle de l’organisateur de se substituer aux autorités chargées du contrôle. Le dispositif repose donc avant tout sur la transparence de l’information et sur la responsabilité de l’exposant.
Cela n’exclut pas toute vigilance. Les équipes de L’Étudiant signalaient déjà certaines pratiques problématiques, tout comme les établissements exposants eux-mêmes pouvaient faire remonter les comportements de leurs voisins. Avec la charte, ces bonnes pratiques disposent désormais d’un cadre commun et d’une référence formalisée.
Jusqu’à exclure un exposant récidiviste ?
La charte nationale n’instaure pas, à elle seule, un régime de sanctions comparable à celui d’un dispositif réglementaire. L’application repose donc en grande partie sur les organisateurs. Chez L’Étudiant, un principe est posé : un établissement qui persisterait dans une pratique contraire aux engagements de la charte pourrait se voir refuser l’accès aux salons suivants. Cette possibilité est importante, car elle touche directement à la relation commerciale entre l’organisateur et ses exposants.
L’organisateur se retrouve en effet dans une position particulière : les établissements présents sont ses clients, tout en étant soumis aux règles dont il doit garantir le respect sur son événement.
Des conférences également concernées
L’autre évolution à surveiller concerne les conférences organisées pendant les salons.
La charte prévoit que les intervenants présentent la pluralité des offres de formation ou des parcours professionnels en faisant preuve de neutralité.
Pour Sébastien Mercier, cette dimension est importante. Un salon ne se résume pas aux échanges qui ont lieu sur les stands. Les conférences contribuent elles aussi à construire l’information sur laquelle les jeunes et leurs familles prennent leurs décisions. L’application de la charte devra donc également se retrouver dans le choix des intervenants et dans la manière dont les sujets sont traités.
Information ou recrutement : une frontière qui restera à observer
La charte rappelle également qu’un salon d’orientation doit rester avant tout un espace d’information.
Elle interdit notamment de demander le versement d’une somme d’argent destinée à valider une inscription pendant le salon. Une pratique que Sébastien Mercier dit rencontrer très rarement sur les événements organisés par L’Étudiant.
Mais la frontière entre information et recrutement ne s’arrête pas à l’encaissement.
Collecte des coordonnées d’un visiteur, QR code menant vers une candidature, prise de rendez-vous, constitution d’un dossier ou entretien d’admission… Les pratiques commerciales et numériques des établissements multiplient aujourd’hui les situations intermédiaires. La charte pose donc un principe dont l’application concrète continuera probablement à nécessiter des arbitrages, celui de permettre aux établissements de présenter leur offre et de rencontrer leurs futurs candidats sans transformer le salon en espace de contractualisation immédiate.
Comment savoir si la charte fonctionne ?
La véritable évaluation viendra probablement après une première saison complète. Sur ce point, L’Étudiant identifie déjà plusieurs indicateurs internes.
Le premier sera le taux de remplissage des nouvelles données demandées aux exposants. L’organisateur pourra également suivre le nombre de relances nécessaires pour obtenir ces informations ainsi que le temps consacré par ses équipes à accompagner les établissements. Ces indicateurs permettront de mesurer indirectement la facilité, ou la difficulté, avec laquelle les exposants s’approprient les nouvelles exigences.
Les questionnaires de satisfaction proposés au grand public devraient également permettre d’observer la perception des visiteurs et, notamment, leur capacité à accéder à une information plus claire.
La signature du 15 septembre a permis de fixer les principes. La saison 2026-2027 dira désormais s’ils parviennent à modifier durablement les pratiques des exposants et à rendre l’offre de formation réellement plus lisible pour ceux auxquels ces salons sont destinés.
Crédit photo : N.Haddab


