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La part des inscrits à France Travail accédant à une formation au cours de l’année suivant leur inscription progresse nettement entre 2017 et 2019. Elle se replie ensuite en raison de la crise sanitaire, avant de se redresser entre fin 2020 et mi-2023. Le taux d’accès à la formation reste toutefois légèrement en deçà de son niveau d’avant-crise.
Le taux d’accès à la formation à 12 mois varie selon les caractéristiques sociodémographiques : il est par exemple plus élevé pour les jeunes et pour les personnes peu diplômées ou ayant un niveau équivalent au baccalauréat. L’accès à la formation dans l’année qui suit l’inscription évolue de manière différente selon les régions : dans la plupart d’entre elles, le taux enregistré pour les entrants à France Travail au deuxième trimestre 2023 est inférieur à celui observé pour ceux entrés début 2019, avant la crise sanitaire. Ce n’est cependant pas le cas dans plusieurs départements d’outre-mer (Guyane, Martinique et La Réunion), en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, où il progresse ces dernières années.
10,1 % des inscrits à France Travail au 2e trimestre 2023 admis en formation l’année suivante
10,1 % des inscrits à France Travail au deuxième trimestre 2023 entrent en formation dans les douze mois suivant leur inscription (graphique 1). Ce taux d’accès à la formation
gagne plus d’un point et demi depuis début 2017 (8,5 % pour les inscrits au premier trimestre 2017). Sur la période, il commence par augmenter : parmi les inscrits au premier trimestre 2019, 10,9 % entrent en formation dans l’année qui suit, soit une hausse de 2,4 points en deux ans. Cependant le taux baisse sur les quatre trimestres suivants du fait de la crise sanitaire : la probabilité d’entrer en formation dans les 12 mois diminue nettement pour les cohortes d’entrants à France Travail jusqu’au premier trimestre 2020. Par la suite, malgré une reprise aux deuxième et troisième trimestres, le taux d’accès à la formation à 12 mois ne retrouve pas tout à fait son niveau d’avant la crise : il se maintient à un niveau très proche de 10,0 % jusque mi-2023.
Les taux d’accès à la formation certifiante à 12 mois sont nettement plus bas, mais ils sont moins affectés par la crise sanitaire et poursuivent une tendance en légère hausse jusqu’au troisième trimestre 2020, avant de se stabiliser. Parmi les inscrits à France Travail au premier trimestre 2017, 2,8 % accèdent à une formation certifiante l’année suivant leur inscription. Cette proportion est de 3,9 % pour les inscrits au deuxième trimestre 2023.
Graphique 1 | Taux d’accès à la formation à 12 mois des inscrits à France Travail selon le trimestre d’inscription et le type de formation
Lecture : 8,5 % des entrants sur les listes de France Travail au 1er trimestre 2017 ont accès à une formation (hors CPF autonome) dans les 12 mois suivant leur inscription.
Champ : France ; ensemble des inscrits à France Travail hors catégorie E, entre janvier 2017 et juin 2023.
Source : Dares, dispositif Formation, chômage et emploi (Force), vague 2024S2.
Un meilleur accès à la formation pour les bacheliers, les peu ou pas diplômés et les jeunes
Les entrants sur les listes de France Travail au deuxième trimestre 2023, qu’ils soient peu ou pas diplômés (i. e. d’un niveau inférieur au baccalauréat ou baccalauréat non obtenu) ou qu’ils soient titulaires d’un baccalauréat (ou équivalent) disposent des taux d’accès à la formation à 12 mois les plus élevés (respectivement 10,4 % et 11,0 %, graphique 2). Leurs taux d’accès sont supérieurs à ceux des entrants sur les listes au premier trimestre 2017, la progression étant plus marquée pour les peu ou pas diplômés (+1,8 point, contre +0,8 pour les titulaires du baccalauréat). Parmi les peu ou pas diplômés, la situation des personnes de niveau CAP/BEP évolue peu depuis 2017 : le taux d’accès à la formation à 12 mois des entrants au deuxième trimestre 2023 est supérieur de 0,4 point à celui des entrants au premier trimestre 2017 ; pour les autres personnes peu ou pas diplômées, le taux d’accès augmente davantage sur la période et se rapproche de celui des personnes titulaires du bac (graphique A dans l’Excel en téléchargement). Les personnes d’un niveau bac +2 et supérieur sont celles qui ont les taux d’accès à la formation à 12 mois les plus bas sur l’ensemble de la période (9,2 % pour les entrants au deuxième trimestre 2023 et 7,6 % pour ceux entrés au premier trimestre 2017).
Graphique 2 | Taux d’accès à la formation à 12 mois des inscrits à France Travail selon le trimestre d’inscription et le niveau de diplôme
Lecture : 7,6 % des entrants sur les listes de France Travail de niveau bac+2 ou supérieur lors du 1er trimestre 2017 ont accès à une formation (hors CPF autonome) dans les 12 mois suivant leur inscription.
Champ : France ; ensemble des inscrits à France Travail, hors catégorie E, entre janvier 2017 et juin 2023.
Source : Dares, dispositif Formation, chômage et emploi (Force), vague 2024S2.
Les bacheliers accèdent plus fréquemment que les autres à une formation certifiante : 4,8 % de ceux qui sont inscrits à France Travail au deuxième trimestre 2023 entrent en formation certifiante l’année qui suit. Ce taux est de 3,9 % pour les niveaux bac+2 et supérieur, contre 3,6 % pour l’ensemble des peu ou pas diplômés (et, parmi eux, de 3,5 % pour les titulaires d’un CAP/BEP).
Les écarts de taux d’accès à la formation entre hommes et femmes sont très peu marqués. Depuis 2020, les femmes entrent légèrement plus souvent en formation l’année suivant leur inscription à France Travail que les hommes. Au deuxième trimestre 2023, leur taux d’accès s’élève à 10,3 %, contre 10,0 % pour les hommes (tableau A dans l’Excel en téléchargement). Les taux d’accès aux formations certifiantes sont quant à eux similaires (3,9 % mi-2023).
En revanche, la probabilité d’accéder à une formation diminue avec l’âge (graphique 3). Les jeunes de 25 ans ou moins entrent en formation dans les 12 mois suivant leur inscription à France Travail plus souvent que leurs aînés. Au deuxième trimestre 2023, leur taux d’accès s’élève à 11,8 %, soit 2 points de plus que celui des 26-50 ans (9,8 %) et 4 points au-dessus de celui des 51 ans ou plus (7,8 %). Cet effet de l’âge est moins marqué pour les formations certifiantes.
Graphique 3 | Taux d’accès à la formation à 12 mois des inscrits à France Travail selon le trimestre d’inscription et l’âge
Lecture : 9,8 % personnes de 25 ans ou moins entrées sur les listes de France Travail au 1er trimestre 2017 ont accès à une formation (hors CPF autonome) dans les 12 mois suivant leur inscription.
Champ : ensemble des inscrits à France Travail, hors catégorie E, entre janvier 2017 et juin 2023, France.
Source : Dares, dispositif Formation, chômage et emploi (Force), vague 2024S2.
Les inscrits à France Travail continuent d’accéder à des formations plus d’un an après leur inscription (tableau 1). Parmi ceux inscrits au deuxième trimestre 2021, 10,4 % entrent en formation l’année qui suit. Ce taux augmente de plus de 4 points et atteint 14,7 % dans les 24 mois. Puis, lors des 12 mois suivants, le taux continue de progresser, mais plus lentement : il gagne moins de 3 points et atteint 17,4 % à 36 mois.
Un recul des taux d’accès à la formation des entrants à France Travail entre 2019 et 2023 dans la majorité des régions
Le taux d’accès à la formation à 12 mois varie selon les régions (carte). Il est particulièrement bas à Mayotte (6,5 % pour les inscrits à France Travail au deuxième trimestre 2023), où une offre de formation limitée se cumule à un taux de chômage très élevé. Viennent ensuite les Pays de la Loire et l’Auvergne – Rhône-Alpes : parmi les résidents de ces régions inscrits à France Travail au deuxième trimestre 2023, respectivement 8,1 % et 8,3 % suivent une formation dans les 12 mois suivant leur inscription. Ces deux régions métropolitaines présentent des taux de chômage parmi les plus bas de France. À l’inverse, les taux d’accès à la formation les plus élevés se trouvent en Martinique (13,7 %), dans les Hauts-de-France (13,1 %) et en Guyane (12,3 %), trois régions où les taux de chômage sont relativement élevés.
Tableau 1 | Taux d’accès à la formation des inscrits à France Travail dans les 12, 24 et 36 mois suivant leur inscription, selon le trimestre
En %
|
Date d’inscription à France Travail |
Taux d’accès à la formation après… |
||
|---|---|---|---|
|
12 mois |
24 mois |
36 mois |
|
| 2017-T2 |
8,6 |
13,4 |
16,4 |
| 2018-T2 |
9,8 |
14,2 |
17,4 |
| 2019-T2 |
9,9 |
14,6 |
18,0 |
| 2020-T2 |
8,8 |
13,1 |
15,9 |
| 2021-T2 |
10,4 |
14,7 |
17,4 |
Lecture : 17,4 % des entrants sur les listes de France Travail au 2e trimestre 2021 ont accès à une formation (hors CPF autonome) dans les 36 mois suivant leur inscription.
Champ : France ; ensemble des inscrits à France Travail, hors catégorie E, entre avril 2017 et juin 2021.
Source : Dares, dispositif Formation, chômage et emploi (Force), vague 2024S2.
Dans la plupart des régions, les personnes inscrites à France Travail au deuxième trimestre 2023 bénéficient d’un meilleur accès à la formation que celles inscrites au deuxième trimestre 2017 (carte 2). Ce taux progresse de façon particulièrement marquée dans plusieurs départements d’outremer (+7,4 points en Guyane, +4,5 points en Martinique et +3,1 points à La Réunion), mais également dans les Hauts de-France (+3,8 points) et en Île-de-France (+3,4 points). Seules trois régions voient leur taux d’accès à la formation reculer de façon modérée durant cette période : les Pays de la Loire (-1,5 point), Mayotte (-1,4 point) et l’Occitanie (-1,1 point). Avant la crise sanitaire, la tendance est partout à la hausse mais les évolutions régionales divergent depuis son déclenchement (graphiques B en ligne). Un premier groupe de régions, majoritaire, se caractérise par un taux d’accès à la formation des inscrits à France Travail mi-2023 inférieur à celui des personnes entrées sur les listes au début de 2019, avant la baisse liée au covid. La reprise post-crise y est limitée et les taux d’accès à la formation y stagnent, voire reculent ces dernières années. Les régions Pays de la Loire, Auvergne – Rhône-Alpes et Grand Est en sont les plus représentatives. Dans un second groupe de régions, le recul pendant la crise sanitaire est plus modéré et la hausse des taux se poursuit sans interruption depuis. C’est le cas dans les Hauts-de-France et en Île-de-France, ainsi qu’en Guyane, en Martinique et à La Réunion.
Carte 1 | Taux d’accès à la formation à 12 mois des inscrits à France Travail au deuxième trimestre 2023
Lecture : 13,1 % des personnes inscrits à France Travail au 2e trimestre 2023 dans les Hauts-de-France ont accès à la formation dans les 12 mois suivant leur inscription.
Champ : France ; ensemble des inscrits à France Travail, hors catégorie E, entre avril 2023 et juin 2023.
Source : Dares, dispositif Formation, chômage et emploi (Force), vague 2024S2.
Carte 2 | Évolution du taux d’accès à la formation des inscrits à France Travail entre les deuxièmes trimestres 2017 et 2023
Lecture : entre le 2e trimestre 2017 et le 2e trimestre 2023, le taux d’accès à la formation augmente de 3,4 points de pourcentage en Île-de-France.
Champ : France ; ensemble des inscrits à France Travail, hors catégorie E, entre avril 2017 et juin 2023.
Source : Dares, dispositif Formation, chômage et emploi (Force), vague 2024S2.


