[Communiqué] 60% de moins pour équiper un apprenti : une économie comptable, un signal désastreux, un engagement vis-à-vis des jeunes

[Communiqué] 60% de moins pour équiper un apprenti : une économie comptable, un signal désastreux, un engagement vis-à-vis des jeunes

Lien source de cet article.
Auteur :

Un projet de décret soumis aux partenaires sociaux le 14 avril 2026 prévoit d’abaisser de 500 à 200 euros le plafond de prise en charge des frais de premier équipement pédagogique des apprentis. Une baisse de 60 %, pour une économie de 15 millions d’euros sur dix mois. Les Acteurs de la Compétence s’y opposent.

Des équipements indispensables mis à la charge des jeunes

Les frais de premier équipement pédagogique ne sont pas une dépense accessoire. Ils couvrent les outils, tenues et équipements de sécurité sans lesquels un apprenti ne peut exercer son métier en formation. Réduire leur prise en charge, c’est reporter cette charge sur l’apprenti, sa famille ou son employeur.

Quelques exemples concrets : une tenue professionnelle en restauration (150 à 300 €), des équipements de sécurité en BTP (200 à 400 €), des instruments en soins infirmiers (150 à 350 €). Dans ces filières, un plafond à 200 € ne couvre plus les besoins réels.

Le projet de décret confie par ailleurs aux OPCO un pouvoir de modulation en fonction du secteur d’activité de l’entreprise d’accueil. Résultat : deux apprentis dans le même CFA, préparant le même diplôme, pourraient ne pas bénéficier du même soutien selon leur employeur. Une nouvelle inégalité introduite dans un dispositif qui en avait précisément éliminé.

Des filières essentielles fragilisées

La baisse uniforme du plafond pénalise en priorité les métiers de l’artisanat, les filières techniques industrielles, le sanitaire et le médico-social. Ce sont précisément les formations les plus ancrées dans les territoires et les plus porteuses d’emploi. Un recul sur leur attractivité serait directement préjudiciable aux jeunes qui les choisissent.

Un signal que la politique de l’apprentissage ne peut pas se permettre

L’apprentissage a démontré sa valeur. Avec un million d’apprentis aujourd’hui, il a contribué à faire passer le taux de chômage des jeunes de 23 % en 2017 à 17 % en 2023. Il a permis à des centaines de milliers de jeunes de financer leurs études, de construire leur autonomie, de s’insérer durablement dans la vie professionnelle. Mais cette dynamique n’est pas acquise : les derniers chiffres montrent une inflexion qu’il serait imprudent d’ignorer.

Notre position

Les Acteurs de la Compétence dénoncent :

  • une mesure budgétaire brutale, sans concertation préalable et sans période de transition ;
  • un transfert de charges injuste sur les jeunes, leurs familles et les acteurs de la formation ;
  • un signal contradictoire avec les ambitions affichées pour l’apprentissage.

Les Acteurs de la Compétence appellent le gouvernement à retirer ce projet de décret et à ouvrir une concertation réelle avec les acteurs du terrain.

Autres articles