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La professeure de psychologie Sarah Rose Cavanagh est directrice principale adjointe à l’enseignement et à l’apprentissage de la Simmons University à Boston. Dans le cadre d’une série d’articles du Chronicle of Higher Education proposant des conseils aux nouvelles personnes enseignantes (Advice Guides), elle propose un texte intitulé « How To Make Your Teaching More Engaging ». « Ce guide s’adresse à tous ceux et celles qui souhaitent insuffler énergie et enthousiasme dans leurs classes à l’aide de méthodes qui ont fait leurs preuves dans le cadre de recherches et en classe », précise-t-elle [L’ensemble des citations a été traduit avec DeepL.com; puis ajusté].
Consciente qu’elle s’adresse possiblement à des sceptiques « qui pensent que les efforts visant à dynamiser les cours à l’université sont futiles et/ou nuisent au travail solennel de l’enseignement supérieur », la professeure Cavanagh rappelle que la recherche démontre bien combien l’apprentissage demande une attention motivée et une mémoire de travail libre. À celles et ceux qui pourraient confondre « engagement » et « divertissement » (entertainment), elle explique:
« L’engagement est une première étape nécessaire à l’apprentissage, ce qui explique pourquoi les efforts visant à dynamiser votre classe ne peuvent être considérés comme un simple divertissement. Mais au-delà de cela, un engagement profond dans un cours exige en réalité beaucoup de travail. « L’engagement consiste à proposer aux personnes étudiantes des défis qui ont un sens au-delà de l’obtention d’une note », affirme l’écrivain et conférencier John Warner, « des défis qui encouragent la prise de risques sans punir indûment l’échec, afin qu’elles puissent éprouver le plaisir de la résilience et d’être enthousiastes à l’idée de réessayer » (traduit avec DeepL.com; puis ajusté; notre emphase).
La professeure Cavanagh présente quatre principes dont l’efficacité a été démontrée par la recherche – et qui comportent tous des dimensions d’apprentissage actif. Pour chaque principe, elle formule plusieurs suggestions, mais nous n’en avons retenu qu’une seule par principe.
Principe n° 1 : Les ressources cognitives sont limitées. Les émotions l’emportent. « Les stimuli émotionnels attirent notre attention et sont plus susceptibles d’être mémorisés, tout comme un visage en colère se détache d’une foule de visages neutres. » Par exemple, elle propose de choisir des activités pédagogiques qui présentent un intérêt manifeste pour les personnes étudiantes. Elle donne l’exemple d’un professeur de chimie qui s’enorgueillit de ne faire travailler les étudiantes et étudiants qu’avec des substances utilisées dans leur vie courante. Ainsi, il leur fait évaluer de l’eau embouteillée par rapport à l’eau du robinet, en testant le pH, la conductivité, le goût, etc.
Principe n° 2 : Votre personnalité et vos performances comptent, que cela vous plaise ou non. « Avant toute chose, le rôle d’un enseignant est d’aider les étudiants à aimer la matière enseignée. […] …[L]’un des meilleurs indicateurs de bons résultats académiques est l’utilisation par la personne enseignante de ce qu’on appelle des « indices d’immédiateté », principalement des comportements sociaux non verbaux tels que le contact visuel, les gestes, les variations du ton de la voix et les mouvements. Les personnes étudiantes « lisent » ces indices pour déterminer si vous, en tant qu’enseignant, êtes enthousiaste, efficace et présent. » Ainsi, elle encourage notamment les membres du personnel enseignant à s’observer en action en train d’enseigner (après s’être filmé) ou à demander à un ou une collègue de les observer, puis de leur offrir de la rétroaction.
Principe n° 3 : Nous sommes des êtres profondément sociaux, motivés par la communauté. « Un cours universitaire est un groupe d’êtres humains qui travaillent ensemble pendant une période pouvant aller jusqu’à 15 semaines sur un projet commun. […] Instaurer un sentiment de communauté dans la salle de classe permet de prédire si vos étudiantes et étudiants participeront aux discussions en classe, s’ils ressentiront un niveau d’anxiété élevé ou faible, et même s’ils obtiendront de meilleures notes. » Au-delà d’apprendre les noms de tout le monde – quitte à utiliser des trucs mnémoniques -, Sarah Rose Cavanagh suggère également de « rassemblez toute la classe autour d’un projet d’envergure [plutôt que de demander aux personnes étudiantes de travailler seuls ou en petits groupes]. Un professeur de biologie en a récemment donné un bel exemple [explique-t-elle] en remplaçant son examen final par un projet de classe consistant à créer un livre pour enfants sur le thème du cours. »
Principe n° 4 : Les histoires sont notre « forme de pensée la plus naturelle ». « Il est évident que les histoires sont un moyen de susciter l’intérêt des personnes étudiantes. Les histoires que vous racontez en classe peuvent porter sur votre propre parcours intellectuel, sur des découvertes dans votre domaine, sur des personnes qui ont vécu à différentes époques historiques, sur des cas cliniques ou sur d’anciens élèves qui ont réussi. Quels que soient leur type ou leur forme, racontez des histoires. » Pour certains domaines qui semblent moins propices aux histoires, Cavanagh suggère, par exemple, de raconter la façon dont certains chercheurs et chercheuses ont contribué à solutionner une problématique épineuse liée à cette discipline ou à effectuer une découverte importante. «Vous pourriez même demander à des étudiantes et étudiants avancés ou à d’anciennes personnes diplômées de revenir raconter comment leur formation initiale leur a été utile lors de stages ou dans leur travail sur le terrain. »
Cet article est truffé d’hyperliens vers de nombreuses ressources et autres publications.
Le Chronicle of Higher Education propose d’autres guides du même type sur le développement de plan de cours (How to create a syllabus), l’enseignement lors du premier cours (How to teach a good first day of class) ou l’enseignement à distance (How to be a better online teacher). Les articles du Chronicle sont payants, mais en s’inscrivant on a droit à trois articles gratuits.
Source: Cavanagh (8 janvier 2026), Sarah Rose, How To Make Your Teaching More Engaging (Advice Guide), The Chronicle of Higher Education, Washington, D.C.


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